Dans nos précédents articles nous avons parlé de la communauté des Sœurs Mariales d'Israël et de Saint-Jean, dirigée par Mère Myriam, et finalement dissoute par le cardinal Barbarin en 2005 pour causes de dérives sectaires.

En juin 2009 éclate une très grave crise au sein, cette fois, de la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean, une autre branche de la Communauté Saint-Jean. 

Rappel des faits :

À la suite d'une enquête menée depuis 2003 par le diocèse de Lyon dont dépendent les Sœurs contemplatives de Saint-Jean, la sœur Alix, qui dirigeait la communauté depuis 1982, est limogée le 6 juin 2009 par décret du cardinal Barbarin. Un second décret, en juillet 2009, explicite les motifs de cette décision mais n'est pas rendu public par les sœurs. Cependant, il apparaît que « la responsabilité de la congrégation était concentrée entre trop peu de mains, en place depuis trop longtemps » et que « la fondatrice et prieure générale (sœur Alix), et les quelques sœurs qui l’entouraient, maintenaient certaines des plus jeunes sous leur emprise psychologique et affective ». Des témoignages de parents font en outre état de faits graves : « suicides de sœurs, abus de médicaments, voire dérives sexuelles » (La Croix, 28 mai 2013). D’autres décrivent une situation tout aussi alarmante : « Certaines sœurs contemplatives sont profondément blessées par des années de dysfonctionnements. A une sœur qui était en désaccord avec elle, par exemple, une prieure a expliqué qu'elle était « tentée »... Dans un des prieurés, les dépenses en neuroleptiques et anxiolytiques s'élevaient à plus de 1000 euros par mois. » (témoignage recueilli par La Vie, 3 juillet 2014).

Mais Sœur Alix n'accepte pas la prieure nommée par le cardinal Barbarin tandis que la majorité des sœurs prennent parti pour sœur Alix. Ainsi, la gouvernance de la nouvelle prieure générale, sœur Johanna, est rendue impossible.

Devant ce début de scission, le commissaire pontifical nommé par Rome, Mgr Jean Bonfils, demande aux quatre sœurs (sœur Alix et trois sœurs proches d'elle) de l'ancien gouvernement de ne plus influencer le reste de la communauté et, à cet effet, de se disperser dans des couvents d'autres congrégations (notamment les visitandines) avec interdiction de communiquer à l'extérieur. Sa demande sera sans effet.

En effet, plus d'une centaine de sœurs contestatrices se regroupent tout d'abord à Saltillo au Mexique en janvier 2010, accueillies par Mgr José Raúl Vera Lópezdominicain défenseur de l'œuvre du P. Marie-Dominique Philippe qu'il a bien connu. Puis ces mêmes sœurs partent fonder une nouvelle association publique de fidèles, dénommée « Sœurs de Saint-Jean et Saint-Dominique », le 29 juin 2012 à Cordoue en Espagne.

Par la suite, le cardinal Bertone s'empresse de faire signer au Pape Benoît XVI (à la veille de son retrait), un rescrit d'audience qui précise que cette association « porte gravement atteinte à la discipline ecclésiastique ». Il est précisé que le Pape, pourtant déjà fatigué, est « en possession d’une connaissance précise du comportement peu religieux de certaines sœurs et de l’évolution de la congrégation des Sœurs contemplatives de Saint-Jean ». Le rescrit d'audience dissout cette association dissidente le 10 janvier 2013, le Pape ne voulant pas « cautionner une dérive incompatible avec le respect des valeurs et règles fondamentales de l’Église universelle ». Les 150 sœurs qui en sont alors membres sont réduites à l’état laïc. Entre-temps le pape François est élu le 13 mars 2013.

Le conflit continue de s'enliser et aucune solution pour remédier à la crise ne semble alors envisageable.

Le conflit, qui met à mal la communauté Saint-Jean, commence à s'atténuer par la visite du cardinal Braz de Aviz à l'automne 2013 et s'achève finalement le1er juillet 2014, lorsque Rome annonce la décision suivante : « les ex-sœurs qui ont canoniquement quitté la congrégation des Sœurs contemplatives de Saint-Jean et les laïques qui voudront s’unir pourront librement constituer une association publique de fidèles en vue de devenir un institut religieux ». La scission est donc désormais définitive. Le Pape François désire cependant que la sœur Alix (âgée de 79 ans) et les trois autres, soient « complètement exclues de la vie religieuse ».

Les sœurs dissidentes ont finalement créé le 25 juillet 2014 une nouvelle communauté : Maria Stella Matutina. Quant aux sœurs qui s'étaient soumises au décret du cardinal Barbarin, leur supérieur hiérarchique, et aux décisions du Pape Benoît XVI, au sein de la communauté contemplative de Saint-Jean, elles sont actuellement 80 religieuses. Une nouvelle prieure générale, sœur Paul-Marie, a été élue en mai 2015.

 

Pour de plus amples informations sur cette rébellion extrêmement grave, lire les articles suivants :

 

La Croix du 28 mai 2013 : 

http://www.cjoint.com/doc/16_02/FBowwTCOAk3_lacroix-28mai13-soeurs-saint-jean.pdf

 

Golias Hebdo du 26 décembre 2013  : 

http://pncds72.free.fr/307_saint_jean/307_11_contemplatives/307_11_3_soeurs_contemplativesSJ_golias_131226.pdf

 

La Vie du 3 juillet 2014 :

http://www.cjoint.com/doc/16_02/FBowpAgn3E3_Crise-contemplatives.pdf

 

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